Renouant avec une tradition, le bilan du « Quotidien du médecin » reprend cette année l’architecture quotidienne du journal, avec des rubriques professionnelles médicales et générales. Ce choix n’est pas fortuit, car il illustre une double réalité pour une année au demeurant bien morne : le ralentissement de l’innovation médico-scientifique, redouté depuis longtemps, est bien là. Par ailleurs, l’actualité professionnelle et sociétale n’a jamais été aussi bouillonnante, ce qui ne veut d’ailleurs pas dire qu’elle débouche sur des certitudes, bien au contraire.
Au plan médico-scientifique, on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé en 2008, ne serait-ce qu’en raison du boom des cellules souches pluripotentes induites. Mais il reste que les innovations thérapeutiques sont peu nombreuses, tout particulièrement en médecine générale. A contrario, les retraits du marché, les interruptions de développement se poursuivent à un rythme soutenu. Dans ce contexte morose, comment ne pas remarquer que deux innovations viennent d’un laboratoire, Servier pour ne pas le nommer, que beaucoup d’experts disaient condamné il y a quelques années : le lancement du Procoralan et l’AMM européenne donnée au Valdoxan viennent rappeler à tous les experts que la prévision est un art vraiment difficile ...et pas seulement en économie.
On l’a dit, l’actualité professionnelle a été aussi trépidante que l’actualité médico-scientifique a été ralentie, tous les débats s’articulant autour de la loi HPST et de ses conséquences sur tous les secteurs de soins : même si les contours de cette loi se dessinent jour après jour, force est de constater que l’année 2008 se terminera sans que l’on ait les réponses à toutes les questions. C’est pire pour le DMP que pour la FMC, qui ont tous deux vécu, il faut bien l’avouer, une année blanche avec beaucoup d’informations contradictoires.
Dernière innovation dans ce numéro, un dossier spécial recrutement qui rappelle que dans une France globalement sinistrée sur le plan de l’emploi, les médecins se voient offrir encore de nombreuses opportunités. Plus encore, il y a même le débat sur les déserts médicaux et la permanence des soins qui rappelle que le manque de médecins est parfois une vérité préoccupante : beaucoup d’autres professions aimeraient entendre ce discours.
Terminons sur cette note optimiste un bilan décidément bien morose.